Dans une époque submergée par les ignominies de dirigeants à qui l’on mettrait volontiers son poing dans la gueule, l’évocation de la vie exemplaire de José Mujica, qui vient de décéder à l’âge de 89 ans, nous baigne d’un vrai baume consolateur.
Il lui aura suffit de cinq petites années à la tête de l’Uruguay, de 2010 à 2015, pour se forger une légende dont l’aura aura porté bien au-delà des frontières ce petit pays de 3,4 millions d’habitants, et même de cette Amérique latine dont il chérissait le destin. Par son action politique, il aura donné une existence aux yeux du monde à ce territoire grand comme un tiers de la France, rendu invisible par l’ombre portée des mastodontes brésilien et argentin voisins.
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On l’ignorait largement avant sa présidence : l’Uruguay est pionnier dans de nombreux domaines sociaux et sociétaux. Bien avant la France, le pays a aboli la peine de mort (1907), octroyé le droit de vote aux femmes (1933) et autorisé l’adoption d’enfants par les couples homosexuels (2008). Mujica contribuera à de nouvelles avancées. Les plus symboliques : la légalisation de l’avortement (2012) et du mariage homosexuel (2013), ainsi que la dépénalisation du cannabis en 2014, une première dans le monde.
Sa vie est un roman qui a fasciné des auteurs littéraires et cinématographiques.
Moins clinquants à l’international peut-être, mais aussi spectaculaires sinon plus au regard du nombre de bénéficiaires, d’importants progrès sociaux ont été engagés sous le mandat Mujica : le pays, qui a considérablement réduit la pauvreté et accru son action en matière d’éducation ainsi que de santé, est aujourd’hui le plus égalitaire du continent et le plus avancé…
Auteur: Patrick Piro
