Ces dernières semaines, les Roumains sont passés par toutes les émotions, au gré des rebondissements d’une séquence électorale qui aurait dû se tenir en trois temps : d’abord, le 24 novembre, le premier tour d’une présidentielle destinée à désigner la personnalité qui succéderait à Klaus Iohannis (centre droit), lequel ne pouvait plus se représenter après avoir effectué deux mandats consécutifs depuis 2014 ; puis les élections législatives, le 1er décembre ; et enfin, normalement, le second tour de la présidentielle, le 8 décembre. Mais la Cour constitutionnelle vient d’annuler le résultat du premier tour de la présidentielle et d’ordonner la tenue d’un nouveau scrutin. Retour sur cet enchaînement d’événements sans précédent.
Dans une Roumanie inquiète, confrontée à un taux d’inflation parmi les plus élevés dans l’UE (5,3 %) et frontalière de l’Ukraine, dont elle accueille sur son territoire environ 135 000 réfugiés, la campagne pour les élections présidentielles et parlementaires avait débuté timidement, plutôt sous le signe de la médiocrité, avec des candidats peu préparés, générant une vague de déception parmi ceux et celles qui auraient souhaité voir les partis traiter des grands enjeux actuels avec sérieux et maturité politique.
La campagne a été animée par des questions portant sur la capacité des candidats à assumer le rôle de chef de l’État et à traiter des dossiers importants de politique européenne ou internationale. Ce scrutin a prouvé une fois de plus qu’en Roumanie la sélection des élites se fait sur des considérations qui s’éloignent des critères classiques de légitimité, qu’elle soit tirée des formes de capital culturel/académique, politique, social ou autre. Dans ce processus priment des logiques de luttes internes, le soutien des « ténors » des partis et leur influence dans leurs fiefs respectifs.
L’ambiance dans le pays…
Auteur: Ramona Coman, Professeure de science politique, Université Libre de Bruxelles (ULB)

