C’en est fini de l’hégémonie. Les résultats des élections aux chambres d’agriculture, rendus les 6 et 7 février, sont sans appel. Pour la première fois, le duo ultra-majoritaire — composé de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes agriculteurs (JA) — chancèle. Et le fauteur de troubles a un nom : la Coordination rurale.
Baptisés les « bonnets jaunes », ses partisans ont signé une nette percée en Occitanie comme en Aquitaine, où la chambre girondine a été arrachée à six voix près. Au-delà des trois fiefs conquis en 2019 et conservés cette année, le syndicat aux valeurs compatibles à celles de l’extrême droite confisque l’Indre-et-Loire, le Cher, la Dordogne, la Charente, la Charente-Maritime, la Gironde, les Ardennes, la Lozère, le Tarn le Loir-et-Cher et le Gars à la FNSEA–JA. Quatorze chambres donc, pour « une victoire historique », se réjouit l’heureux outsider.
De son côté, dans un mouchoir de poche, la Confédération paysanne s’empare de l’Ardèche. « Voilà des années que notre opposition est méprisée, parfois bousculée, a déclaré Aurélien Mourier, éleveur de chèvres laitières bientôt à la tête de la chambre. Les confédérés ont tenu bon, et ça a payé. » Le syndicat conserve par ailleurs Mayotte, où les élections ont été reportées après le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Il échoue toutefois — à 79 voix — à renverser le président sortant de la chambre ariégeoise.
« Même si c’est à petite échelle, on progresse, s’est félicitée Laurence Marandola, porte-parole du syndicat défenseur de la paysannerie. Nos scores ont fortement progressé dans une douzaine de départements, notamment dans les territoires d’Outre-mer, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pyrénées. » Le syndicat pourra en outre siéger en Île-de-France et dans le Lot-et-Garonne : « On a obtenu la…
Auteur: Emmanuel Clévenot

