Avec cette formule lancée lors du Congrès des maires de France, le chef de l’état-major des armées françaises s’inscrit sans scrupules ni remords dans la lignée de tous ces chefs de guerre, certes forts en gueule, dont les chroniqueurs s’empressent de louer le courage et la lucidité… quand ils sont surtout courageux avec la peau des autres. Car si l’on accepte la perspective de la guerre, il faut d’abord dire qui doit la faire, question à laquelle les gradés apportent leur réponse : non pas ceux-là même qui ont pourtant choisi la carrière des armes et les risques afférents mais les enfants, les enfants de la patrie, ces jeunes dont des les noms sont gravés sur les monuments aux morts, morts, selon la formule usitée, « pour la France » alors qu’en réalité on ne leur a jamais demandé s’ils avaient envie de mourir ni pour quelle raison. Et pour qu’un pays ne « flanche » pas à l’idée de « perdre ses enfants », on a inventé la conscription, principe qui fait que la guerre ne retombe plus sur ceux qui la déclarent, la provoquent, la facilitent ou s’en accommodent mais sur un inépuisable réservoir de jeunes auxquels le statut de conscrits, nullement consenti, par principe obligatoire, impose le sacrifice d’une vie qu’ils étaient en droit d’attendre plus longue.
Dans la plupart des sociétés anciennes, l’exercice de la guerre était réservé à une classe de professionnels qui en faisaient le choix. Au Moyen Age par exemple, la division tripartite de la société – ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent – pour inégalitaire qu’elle fût, légitimant les privilèges, avait au moins comme mérite de ne pas exiger, par principe, des populations civiles la participation à un conflit qui, le plus souvent, ne les concernait que de façon très lointaine, même si, inévitablement, elles en subissaient les effets collatéraux. Avec la conscription, la guerre change de nature, le…
Auteur: IAATA

