« L’école est et doit être un lieu de confiance. » Devant les sénateurs, Édouard Geffray a d’emblée posé le cadre. Mais cette confiance se heurte, selon lui, à une réalité que les familles peinent à comprendre. « Pour les familles, l’école forme un tout. De l’accueil du matin jusqu’à l’accueil du soir, tout se passe dans les mêmes murs. » Or, derrière cette apparente continuité, les responsabilités sont morcelées. Dans la même journée, un enfant passe de la mairie, pour l’accueil du matin, à l’Éducation nationale pour les cours, puis retourne aux collectivités pour la pause méridienne et l’accueil du soir. Une organisation que le ministre juge difficilement compatible avec l’impératif de protection. « Rien ne peut, en termes de priorité, de difficulté ou de frontière administrative, l’emporter sur la protection de l’enfant. »
Casser les silos
Ce cloisonnement a été au cœur des échanges avec la rapporteure, Agnès Evren. « Chacun fonctionne encore trop souvent en silo », a-t-elle résumé, évoquant, en cas de drame, « une forme de dilution des responsabilités entre les équipes ». La sénatrice Colombe Brossel a, elle, insisté sur la nécessité de prévoir des temps de coordination entre les acteurs.
Le ministre partage le constat et refuse la logique du « chat perché », selon laquelle « il était 11 h 40, ce n’était pas chez moi » : « Si j’ai un enfant en face de moi qui a été victime…
Auteur: Emma Bador-Fritche
