Il était tout juste huit heures du matin lorsque Évelyne Herin a entendu sonner à sa porte, le 12 mars 2026. La fondatrice de l’association Environnement et cadre de vie à Argenteuil (EVA) n’attendait aucune visite, mais s’est empressée d’ouvrir. Face à elle, deux personnes se sont présentées comme huissiers de justice. Dans leurs mains, une ordonnance les autorisant à perquisitionner l’ordinateur qu’elle utilise pour son activité associative.
« Ils m’ont dit que si on ne les laissait pas rentrer, ils reviendraient encadrés par la police. C’était un coup de pression », explique Évelyne Herin à Reporterre. L’un des deux huissiers s’installe derrière l’écran et commence ses recherches par mot-clé : île Héloise, Comité Jean Vilar, France Nature Environnement, permis de construire… Il finit par emporter plusieurs gigaoctets d’informations, dont des dossiers personnels. « Ils ont pris un bilan de santé qui n’avait rien à voir avec l’affaire Jean Vilar », s’indigne Évelyne Herin.
40 000 m² et des dizaines de magasins
Jean Vilar, c’est le nom du comité qui s’était opposé au projet immobilier nommé Les Promenades d’Argenteuil, qui devait remplacer une ancienne salle de spectacle dans cette ville du Val-d’Oise. Un temple de la consommation s’étalant sur plus de 40 000 m², avec des dizaines de magasins, une salle de spectacle, des terrasses et des restaurants dotés d’une vue panoramique sur la Seine.
Lancé en 2016, ce projet était très contesté et a été abandonné par la mairie en 2024. Depuis, le promoteur Fiminco cherche des responsables. « Il estime que c’est l’incertitude juridique créée par nos recours qui a entraîné l’abandon du projet », explique Élise Languin du Comité Jean Vilar.
Sauf que Les Promenades d’Argenteuil avaient d’autres épines dans le pied. L’enquête publique menée en 2019 avait rassemblé seulement 12 avis positifs…
Auteur: Laury-Anne Cholez

