Une étude, publiée le 9 décembre dans la revue scientifique The Lancet Planetary Health, suggère qu’il pourrait exister un lien entre l’exposition au cours du troisième trimestre de grossesse à deux substances chimiques retrouvées dans les objets du quotidien — le bisphénol S et le méthylparabène — et de potentiels effets néfastes sur le comportement des jeunes enfants.
Réalisée en collaboration avec l’Institut de santé mondiale de Barcelone, le CNRS et l’université de Grenoble Alpes, cette étude épidémiologique a porté sur deux cohortes de 1 080 et 484 femmes enceintes. L’équipe, composée d’une vingtaine de scientifiques, a analysé leur exposition à douze perturbateurs endocriniens à partir d’échantillons d’urine — jusqu’à 42, pour certaines. Le comportement de leurs enfants a ensuite été évalué, entre leurs 18 et 24 mois, via le Child Behaviour Checklist, un questionnaire permettant d’identifier les désordres émotionnels des enfants (difficultés d’attention, anxiété, dépression, agressivité, etc.).
Leurs résultats suggèrent que l’exposition au méthylparabène au cours du troisième trimestre de grossesse est associée à des scores plus élevés, ce qui laisse supposer d’éventuels troubles du comportement chez les enfants (anxiété, déficit d’attention, agressivité, difficultés relationnelles…). Des résultats similaires ont été observés pour le bisphénol S, mais uniquement chez les garçons. Aucun effet cocktail n’a été observé.
« Il est assez classique de voir des différences entre les filles et les garçons dans les études consacrées aux perturbateurs endocriniens. Nous savons que le développement cérébral est très sensible aux signaux hormonaux, même si le pourquoi du comment reste un mystère », a commenté l’épidémiologiste Claire Philippat, coordinatrice de cette étude, dans Libération.
Le méthylparabène, qui appartient à la…
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