Leur joie a éclaté au retrait du texte intitulé « Protéger l’eau potable ». Les députés du Rassemblement national (RN) et de la Droite républicaine ont multiplié les sous-amendements, les rappels au règlement et les suspensions de séance pour empêcher l’examen de la proposition de loi de Jean-Claude Raux, député Écologiste et Social, le 12 février dernier. Le texte tenait en deux petits articles et partait d’un constat : depuis 1980, 14 300 captages d’eau ont été fermés, dont environ 4600 – soit plus d’un tiers – en raison de pollutions aux pesticides ou aux nitrates.
Sur les 32 800 captages qui demeurent aujourd’hui, et sur lesquels repose l’alimentation en eau potable de la France, environ un tiers est affecté par des pollutions. En 10 ans, plus de 1000 captages ont été déclarés « prioritaires » en matière de protection, avec des dépassements répétés des valeurs limites sur certaines pollutions d’origine agricole. La plupart des dépassements constatés sont liés à des pesticides et leurs métabolites.
28,5 % de la population française a été alimentée par de l’eau du robinet au moins une fois non conforme aux limites de qualité pour les pesticides en 2024.
Ministère chargé de la santé – ARS – SISE-Eaux
La proposition de Jean-Claude Raux prévoyait donc de procéder à la délimitation des aires d’alimentation des 1100 captages prioritaires : là où l’eau ruisselle ou s’infiltre pour alimenter le captage. Puis, d’interdire sur cette zone les épandages de pesticides de synthèse et des engrais azotés minéraux à l’horizon 2030.
« Quand près de 20 millions de Françaises et de Français ont bu au moins une fois en 2024 une eau dépassant les seuils de qualité pour les pesticides, nous ne sommes plus dans un débat idéologique ou partisan. Nous sommes face à une urgence démocratique et sanitaire », interpellait le député écologiste. Comment les…
Auteur: Sophie Chapelle

