L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) propose de plus que doubler la limite maximale de résidus de flupyradifurone autorisée dans les tomates. Cet insecticide, de la famille des buténolides, est apparenté aux néonicotinoïdes par ses effets sur le système nerveux des insectes. Dans un avis rendu public le 8 octobre, à la demande du fabricant Bayer, l’agence européenne recommande de relever cette limite de 0,7 à 1,5 milligramme par kilo de tomates.
L’Efsa estime que l’exposition des consommateurs à court et à long terme à cette substance et à son métabolite, le DFA, « conformément aux pratiques agricoles déclarées est peu susceptible de présenter un risque pour la santé des consommateurs ». Elle préconise de maintenir à 0,4 mg/kg la limite de résidus du DFA dans les tomates, tout en recommandant de l’abaisser à 0,08 mg/kg pour les cultures sous serre.
Un potentiel perturbateur endocrinien
Pour l’heure, pas de réactions officielles à ce nouvel avis ; mais le 16 septembre, l’association européenne PAN Europe avait salué le rejet par le Parlement européen d’une proposition visant à augmenter les limites de résidus de flupyradifurone dans le colza.
Pauline Cervan, toxicologue chez Générations futures, avait rappelé à cette occasion qu’« un nombre important d’études scientifiques montre que les pesticides de la famille des néonicotinoïdes traversent la barrière placentaire et interagissent directement avec les neurones des fœtus en développement » et que d’autres conséquences néfastes du flupyradifurone, telles qu’un potentiel perturbateur endocrinien et des effets reprotoxiques, étaient soupçonnées.
Cette proposition ne modifie pas immédiatement la réglementation européenne : les limites maximales de résidus (LMR) sont fixées par la Commission européenne. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) examine également le…
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