Six associations et réseaux de collectivités, dont France Urbaine et France Eau Publique, ont adressé ce lundi 5 octobre un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui faire part de leurs inquiétudes concernant le projet de décret qui définit les captages d’eau prioritaires. Ce texte vise à faire appliquer l’une des mesures de la loi d’urgence agricole, promulguée cet été.
« Les signaux envoyés lors des débats nous font craindre la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire qui n’assurera pas la préservation des ressources en eau potable, et laissera les acteurs locaux (collectivités, industriels, agriculteurs, mais aussi les représentants de l’État) face à des risques majeurs et conflictuels », écrivent-ils.
Des seuils qui ne permettent pas d’agir en préventif
Ce texte a été présenté au Groupe national captage, instance interministérielle dont le rôle est de définir la politique de l’eau et composé d’associations, de représentants des collectivités, du monde agricole et des services de l’État.
Aujourd’hui, seuls 20 captages font l’objet de mesures réglementaires, malgré la pollution généralisée de l’eau en France. Avec ce nouveau texte, l’État prévoit de passer à 2000 captages prioritaires, « pour lesquels l’État devra intervenir et pourra éventuellement interdire l’usage de pesticides ». Présenté comme une avancée, c’est en réalité trois fois moins que ce que le gouvernement prévoyait l’an dernier (6 000 à 7 000 captages devaient être protégés).
En cause : l’abaissement des seuils à partir desquels on considère qu’un captage d’eau potable est menacé par la pollution. Ainsi, les 33 000 captages d’eau potable seraient classés en trois catégories : les exonérés, qui ne nécessitent pas d’intervention spécifique, les non exonérés et les prioritaires.
Or, la loi d’urgence agricole rend obligatoire la mise en place de mesures…
Auteur: Charlene Catalifaud
