Marseille, reportage
C’est un procès d’exception qui se terminait le 14 janvier à Marseille, après trois jours d’audience. En matière d’infractions agricoles, il est rare que l’affaire aboutisse à un procès. « Cette affaire est hors normes, de par la taille des exploitations mises en cause », appuie Hervé Cloatre, enquêteur au sein de la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), appelé comme témoin lors de l’audience.
Deux des exploitants agricoles mis en cause comptent parmi les plus importants du maraîchage français. Avec son entreprise Reveny de plus de 2 000 hectares situés entre les Alpilles et la Camargue, Didier Cornille est l’un des plus importants producteurs de salade en France. Il fournit des marques comme Bonduel, Les Crudettes et Florette. Frédérique Berlhe, avec la société Des Sansouires, compte environ 1 300 hectares. Il est l’un des premiers sur le marché du melon.
En tout, six agriculteurs situés dans la Drôme et les Bouches-du-Rhône sont mis en cause pour la détention de pesticides interdits en France, de 2019 à 2024. À leurs côtés, l’homme ayant servi d’intermédiaire avec une société de produits phytopharmaceutiques espagnols. Il est mis en cause pour l’importation de ces produits.
Face aux risques environnementaux et pour la santé humaine, huit associations et un syndicat, la Confédération paysanne, se sont constitués partie civile. Parmi elles, France Nature Environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux et Générations futures, ainsi que des associations de consommateurs : l’UFC-Que choisir et Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).
Deux peines de prison ferme sont requises par le procureur : six mois pour Didier Cornille, considéré comme « le roi de la salade », et dix mois pour le fournisseur Alain Hebrard, 78 ans, « apporteur d’affaires ». Une première pour une affaire de ce type. Les autres…
Auteur: Clémentine Morot-Sir

