Saint-Porquier (Tarn-et-Garonne), reportage
En arrivant à Saint-Porquier, dans le Tarn-et-Garonne, des vergers se déploient à perte de vue. Au bout d’un chemin en terre bordé de part et d’autre par 46 hectares de noisetiers parfaitement entretenus, Patrick-Gilles Canevari nous attend, avec sa chemise bleu clair et son grand sourire. « Venez, on va discuter à l’intérieur », dit-il. Deux autres producteurs de noisettes sont présents pour cette entrevue, dans un Sud-Ouest qui concentre la majeure partie de la production française de noisettes.
Depuis quinze ans, la filière se développe rapidement dans l’Hexagone, poussée par l’ambition de la principale coopérative du secteur, Unicoque, et l’appétit croissant des industriels pour ce fruit à coque. La superficie de vergers de noisetiers en France a doublé, passant de 4 000 hectares en 2010 à 8 000 hectares en 2023, selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Quatrième consommatrice au monde, la France compte toujours à près de 90 % sur les importations.
Ferrero, géant incontournable
En 2021, Unicoque a noué un nouveau partenariat avec Ferrero, le poids lourd du secteur, qui capte à lui seul près de 30 % de la demande de noisettes dans le monde. « Nous voulons que 50 à 60 % des noisettes que nous transformons en France soient françaises », disait alors Christophe Bordin, l’un des cadres de Ferrero, au quotidien Sud Ouest. « Il va falloir accélérer et planter beaucoup plus, soit 1 000 hectares par an », résumait Thierry Descazeaux, président de la coopérative Unicoque, en 2021. La coopérative n’a pas souhaité donner suite aux sollicitations de Reporterre, tandis que Ferrero assure par courriel que ce partenariat « reste solide et dure depuis plus de dix ans ».
Le doublement de la surface des vergers de noisetiers en France depuis 2010 a favorisé la prolifération de ravageurs…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

