On le sait depuis longtemps la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, promotrice du slogan « pas d’interdiction sans solution », soutient le recours aux pesticides et fait tout pour permettre aux agriculteurs français d’avoir accès au maximum de produits possibles, fussent-ils dangereux pour l’environnement et la santé. Dernier épisode en date que nous révèle Contexte alors que la loi d’urgence agricole était en débat et à l’occasion du congrès des céréaliers de la FNSEA, organisé fin mai à Nancy, Annie Genevard a invité les céréaliers à déposer une demande de dérogation dite « 120 jours » auprès de son ministère pour utiliser des herbicides à base de triallate.
Et pourtant, le triallate, autorisé dans seulement 7 pays européens, cumule les problèmes et Madame Genevard le sait très bien !
Le trialatte et ses métabolites : des contaminants des eaux
L’Anses a retiré du marché tous les produits à base de cette substance en 2023 pour plusieurs raisons préoccupantes identifiées, comme indiqué dans les lettres de décision de retrait pour les produits Avadex 480 et Parnass C
“L’usage est retiré en raison d’un risque inacceptable de contamination des eaux souterraines, car le stockage du produit entraîne la formation à un niveau inacceptable de l’impureté pertinente N-nitrosodiisopropylamide, et au motif que les données disponibles ne permettent ni d’exclure un risque d’effet nocif pour le consommateur, ni d’exclure un risque d’effet inacceptable pour les arthropodes non cibles”
Les risques de contamination des eaux souterraines (et in fine de l’eau potable) par les métabolites du triallate sont particulièrement élevés. Pour le métabolite DIPA, les modélisations de l’Anses prévoient des concentrations dans les eaux souterraines allant jusqu’à 42,4 µg/L pour seule application tous les 3 ans, alors que la limite réglementaire est fixée à 0,1 µg/L…
Auteur: nadine

