Face à l’horizon gluant de la terre d’automne fraîchement fauchée des pois, blés tendres et tournesols, l’école du Nouveau Monde recevait ce jour-là l’animatrice de l’association Nature environnement 17. Venue présenter les « classes nature », Lucille Grizeau a vu se lever trois mains fébriles à l’évocation des gambades enfantines en plein air : « Est-ce qu’il n’y a pas un risque avec les pesticides ? »
« C’était la première fois qu’on me demandait ça, avoue l’éducatrice à l’environnement, décontenancée. Je ne savais pas quoi dire, alors j’ai dit la vérité : que leurs enfants n’y seraient pas plus exposés que dans leurs jardins. » Pas forcément rassurés, les trois parents tenaient leurs inquiétudes d’une réunion d’information sur les risques liés aux pesticides dans l’agglomération de La Rochelle. Le fruit d’un long cheminement.
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La prise de conscience de l’enjeu de santé environnementale a trouvé un terreau fertile dans l’arrière-pays de la cité maritime. Depuis quelques années, les records d’exposition aux pesticides dans l’air et l’eau se succèdent avec une régularité de métronome : glyphosate, chlortoluron, lindane ou prosulfocarbe.
Il aura cependant fallu une combinaison d’actrices et d’acteurs pour que la mobilisation débouche sur un ralliement : le 12 octobre, activistes, scientifiques et élu·es de la France entière défileront à l’ombre des voiles et des tours lors de la troisième marche faisant suite à l’Appel de La Rochelle pour la transition agricole et pour la sortie des pesticides de synthèse. Un symbole fort tant l’air, l’eau et même les pierres sont marquées…
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Auteur: Sylvain Lapoix

