Des copier-coller des demandes de l’industrie chimique et des producteurs d’engrais pour assouplir la règlementation protectrice de l’environnement… C’est ainsi qu’a été rédigé le véhicule législatif européen Omnibus X sur la sécurité alimentaire. Visant à déréguler l’usage des pesticides, il a été proposé par la Commission européenne en décembre 2025 et est en débat en ce moment au Parlement européen. Sous l’influence des lobbies de l’agrochimie, donc, dénonce l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO) dans un rapport détaillé publié le 7 octobre.
Rendez-vous avec des hauts fonctionnaires, envois d’argumentaires… Elle a obtenu des dizaines de documents internes de lobbying — grâce à des demandes d’accès à l’information adressées à la Commission européenne — qui montrent comment le travail législatif a été orienté. « Les traces écrites sont frappantes. Nous pouvons retracer les revendications de l’industrie des pesticides dans les propositions Omnibus et les amendements parlementaires, parfois presque mot pour mot », commente Nina Holland, chercheuse à CEO.
Or, c’est au niveau européen que se joue l’avenir de ce qui se trouvera dans nos assiettes. Aujourd’hui, les pesticides autorisés doivent faire l’objet d’une réévaluation tous les quinze ans. La Commission européenne a proposé de supprimer ce contrôle et d’accorder des feux verts sans limite dans le temps dans le cadre de l’Omnibus X.
Reporterre avait déjà rapporté que Bayer, qui vend à la fois des pesticides via Monsanto et des médicaments contre le cancer, avait été le lobby le plus actif pour défendre cet assouplissement des règles. CEO l’étaye largement dans son rapport : les comptes-rendus de réunions avec des hauts dirigeants de l’Union européenne montrent que le groupe allemand et le lobby agricole Copa Cogeca, notamment, l’ont explicitement demandé.
Auteur:
