Des parents, et plus seulement des chiffres
Sabine Grataloup est mère de Théo. Son fils est né avec de graves malformations. L’exposition au glyphosate pendant la grossesse a été reconnue par le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides. Pourtant, cette reconnaissance n’a rien eu d’automatique.
« Nous avons dû rassembler les preuves et études scientifiques dans un dossier de plus de 1000 pages », témoigne-t-elle. « Est-ce à une famille dans la souffrance de faire ce travail de recherche ? »
Cette charge de la preuve pèse sur des parents déjà éprouvés. Franck Rinchet-Girollet en sait quelque chose. Son fils Elliot a reçu un diagnostic de cancer des os à deux ans.
« Je voudrais lui promettre : « c’est fini, tu ne revivras plus jamais ça. » Cette promesse, je ne peux pas la lui faire », confie-t-il. « Alors je lui ai promis de ne pas me taire. »
Édouard Exilard, que La Relève et La Peste avait rencontré, parle au nom de Maïtena, sa fille décédée en décembre 2005. Son message aux parlementaires ne laisse pas de place à l’ambiguïté : « en votant cette loi omnibus, vous iriez vers un cancer en pédiatrie dans chaque famille ; il y a un choix à faire, pensez à vos enfants et petits-enfants. »
Un paquet législatif contesté
Or, ces témoignages interviennent à un moment précis. La Commission européenne porte actuellement un paquet législatif surnommé « Omnibus ». Il prévoit plusieurs assouplissements des règles encadrant les pesticides : autorisations à durée illimitée, pulvérisation par drones facilitée, prolongation simplifiée pour les substances dangereuses.
Pour Salomé Roynel, chargée de plaidoyer chez Pesticide Action Network Europe, « ce texte menace d’affaiblir durablement le cadre réglementaire européen ».
Cependant, l’opposition ne vient pas seulement des associations. Des scientifiques,…
Auteur: Isabelle Vauconsant
