L’année 2025 a été celle de tous les reculs en France sur l’écologie, notamment sous le gouvernement de François Bayrou, mais aussi depuis l’arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon en septembre. Comme souvent, dans l’ère macroniste, les mensonges, manipulations sémantiques, arrangements avec la réalité et contre-vérités ont été mobilisés comme techniques de gouvernement. Retour sur cinq séquences problématiques et symptomatiques du camouflage des politiques anti-écologiques menées en 2025.
1 – La loi Duplomb, festival de désinformation
Lors des débats autour du vote de la très anti-écologique loi Duplomb, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, n’a cessé de défendre l’idée d’une réautorisation partielle de l’acétamipride. En suggérant, par exemple, que cet insecticide était inoffensif pour les abeilles. Ce qui, d’une part, est faux, bien qu’il ait une toxicité aiguë plus faible que d’autres néonicotinoïdes, et d’autre part détourne l’attention des dangers de ce produit pour de nombreux autres insectes.
Pour rassurer quant aux effets du pesticide neurotoxique sur la santé humaine, la ministre a aussi martelé des contre-vérités. Comme l’idée que ce produit serait si peu dangereux qu’il serait banalement utilisé dans les colliers des animaux domestiques, ce qui est faux. Bien que la recherche soit encore parcellaire, les études s’accumulent et convergent vers l’existence de risques de l’acétamipride pour la santé humaine, qui alarment de nombreux scientifiques, ainsi que l’expliquait Reporterre en juillet.
Des « incertitudes majeures » ignorées
Annie Genevard a également alimenté la désinformation en assurant que « les scientifiques européens » ne jugeraient pas ce produit dangereux. Une affirmation trompeuse, qui s’appuie sur l’autorisation du néonicotinoïde par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa).
Or, cette…
Auteur: Vincent Lucchese

