La conférence donnée à l’Académie des sciences morales et politiques par Peter Thiel, patron du géant du traitement de données Palantir, a fait grand bruit. Tous les médias français et une bonne partie des médias étrangers ont relayé les propos du milliardaire, souvent avec une certaine gêne : chacun connaît ses positions antidémocratiques et son propos techno-fasciste ne fait pas nécessairement les délices de tous, d’autant que ses élucubrations néoréactionnaires ne sont pas faciles d’approche1. Si les aspects politiques du discours prononcé par Thiel ont été abondamment commentés, la dimension théologique, en revanche, n’a guère été analysée. L’Antichrist n’est pourtant pas un sujet simple et banal, dont tout un chacun pourrait discuter sans se préoccuper de la tradition religieuse millénaire à laquelle cette figure appartient.
Quel intérêt le personnage de l’Ennemi Ultime de l’humanité peut-il bien avoir pour un milliardaire libertarien ? Dans ses propos liminaires, Peter Thiel se présente ainsi :
« Certains d’entre vous me connaissent pour mon activité publique d’investisseur dans les technologies et d’entrepreneur. Dans ma vie privée, je suis un chrétien orthodoxe modéré et un humble libéral classique, avec une seule déviation, apparemment mineure, par rapport à l’orthodoxie libérale classique : je m’inquiète de l’Antéchrist »2.
L’Antichrist, une déviation mineure ? Diable ! Que veut-il dire ? Et quel rapport avec notre actualité ? De qui ou de quoi Peter Thiel veut-il parler ? Tentons d’y voir plus clair.
Antichrist ou Antéchrist ?
Peter Thiel s’est fait flatteur devant les auditeurs de la prestigieuse Académie des sciences morales et politiques, où la très droitière philosophe Chantal Delsol l’avait invité. Entre autres douceurs, il a affirmé son attachement…
Auteur: Le Média

