Il pourrait être question de caractériser les effondrements que nous vivons. Effondrements des milieux de vie, du monde social et de ses prisons : ses institutions. Effondrement de l’idée d’un sujet social au fondement des scènes du politique. Effondrement enfin des héritages révolutionnaires canonisés.
Mais à quoi bon si nous refusons de les vivre pour que d’autres mondes resurgissent ? Car la proposition est une autre : c’est de l’expérience dont il faut partir.
[Josep Rafanell i Orra que nous accueillons régulièrement dans nos pages, vient de publier un lumineux Petit Traité de cosmoanarchisme aux éditions Divergences. Nous en publions ici une petite présentation suivie de l’épilogue du livre.]
Les représentations des catastrophes prolifèrent, nous sommes ensevelis par le foisonnement de son imagerie : des politiciens qui paradent débitant leur poison prétendant parler en notre nom, des milliards de selfies exposant des âmes esseulées, des scènes de guerre, si loin si près, distribuant les camps des bons et des mauvais assassinés, des foules de nouveaux gueux errant dans des smart-cities écolos, des irruptions de cataclysmes climatiques, le tout transporté, quadrillant le monde, par des réseaux qui nous asphyxient.
Pour sortir du catastrophisme c’est dans un mouvement cataphorique que nous devons nous embarquer. Les catastrophes peuvent nous porter, nous entraîner du ciel des idées vers le sol des expériences qui rendent le monde habitable. Il faut faire lieu à nouveau pour que surgisse la communauté contre l’espace du désastre administré. Mais iI n’y a pas de communauté sans communisation : des rapports qui situent les interdépendance entre des êtres. Et il n’y a pas de communisation sans des passages entre des mondes. Pour chaque ici, il y aura toujours des ailleurs. C’est l’expérience transitive qu’il nous faut alors cultiver. Nous ne sommes qu’en faisant exister ce qui en retour…
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Auteur: dev

