Salariés du secteur automobile et défenseurs de l’environnement, même combat ? Le 8 octobre 2026, un regroupement de syndicats — CFDT et CGT — et d’associations — Transport & Environment, Fondation pour la nature et l’Homme, Réseau Action Climat — a appelé à « une autre politique industrielle automobile ».
À quelques jours du Mondial de l’auto à Paris, il exhorte les candidats à l’élection présidentielle à signer son manifeste. Objectif : rétablir une véritable stratégie industrielle des pouvoirs publics pour donner un nouvel élan à la filière automobile, en soutenant la production locale de véhicules électriques « répondant aux besoins des Français et à l’intérêt général ».
« Le chemin menant à la décarbonation du secteur automobile est le même que celui de la préservation de l’emploi », dit Pierre Leflaive, responsable transports au Réseau Action Climat.
De fait, difficile de convertir en masse les Français à l’électrique si l’on se contente de produire de gros SUV électriques à 30 000 euros, 40 000 euros, voire davantage. Il faut développer la production en Europe de « citadines électriques, abordables, sobres, réparables », indique le manifeste.
Or, les constructeurs ont adopté pendant plusieurs années une stratégie de montée en gamme, dictée par un objectif de rentabilité financière immédiate. Les conséquences ? « L’exclusion d’une part importante des ménages du marché du neuf mais aussi la dégradation de la compétitivité de la filière automobile », relève Pierre Leflaive.
Certes, les constructeurs ont désormais lancé des modèles électriques plus abordables, entre 20 000 et 25 000 euros (Renault Twingo e-Tech, Citroën ë-C3…). Mais le collectif appelle à amplifier le mouvement par une politique…
Auteur: Benjamin Douriez
