Le Semeur est un journal normand du début du 20e siècle, qui se veut une tribune pour les êtres humains libres. Il est fondé par Alphonse Barbé, peu de temps après sa sortie de taule suite à sa désertion et sa diffusion d’un journal pacifiste en plein milieu de la Première Guerre mondiale. Il a alors rompu avec les communistes, notamment au sujet de l’URSS et des logiques de contrôle des syndicats par le parti. A Caen, il renoue avec Claude Content, lui aussi anarchiste et antimilitariste et par ailleurs camelot puis épicier. Il fonde alors le journal Le Semeur de Normandie, contre tous les tyrans, domicilié rue Saint-Pierre à Caen, puis rue Froide. Le numéro préparatoire paraît en juillet 1923, avec notamment une contribution de Han Ryner et des textes sur la guerre ou encore le fascisme. De sensibilité libertaire, le journal ouvre ses pages aux syndicalistes révolutionnaires, socialistes et communistes, y compris le maire de Colombelles de l’époque, Emile Mougins (communiste, puis membre du SFIO). Le but affiché régulièrement est de favoriser l’unité de classe. Cette ligne n’est alors pas sans susciter interrogations et critiques dans les milieux anarchistes, et les réponses des rédacteurs dans le journal en font écho. Ainsi, Alphonse Barbé déclare, en gros, vouloir travailler à l’unité du mouvement ouvrier et accepte de discuter avec les courants autoritaires au nom de l’idéal de l’anti-autorité (n°3, 10 novembre 1923).
A partir du 15 octobre 1923, le journal paraît tous les 15 jours. Emile Poulain, anarchiste qui avait participé aux Temps Nouveaux aux côtés de Jean Grave, en devient une cheville ouvrière. Il avait rencontré Alphonse Barbé quand ils étaient tous deux forains. On trouve, entre autres, une invitation à une université populaire créée à Caen en 1921 par des ouvriers et des enseignants, pour s’instruire et préparer la révolution. Aux côtés d’un hommage à Madeleine Vernet,…
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