Carton plein. Créée en juin, elle a vu son score bondir dans la foulée de l’attentat raciste commis à Trappes (Yvelines) le 23 octobre : à cette date, la pétition réclamant de « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a recueilli plus de 920 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, ce qui pourrait mener à un débat à ce sujet au sein de l’hémicycle. Alors que le suspect de l’attentat a dit avoir voulu s’en prendre aux « Noirs » et aux « Arabes », le rôle de ce média d’extrême droite dans la diffusion de « discours de haine » a en effet été pointé du doigt par le maire de la ville, Ali Rabeh (Générations), soutenu par des élus de gauche et des associations.
Du côté des partisans de CNews — comme en témoigne une autre pétition publiée en réaction à celle réclamant sa fermeture —, il ne s’agirait pourtant que de « liberté d’expression » et de « pluralisme des opinions ». La chaîne est cependant régulièrement rappelée à l’ordre, tant elle laisse invités et animateurs tenir des propos racistes, climatosceptiques, ou ne respecte pas, justement, son obligation de pluralisme.
Au moins 61 sanctions depuis 2017
CNews est diffusée via un canal TNT, attribué par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Son autorisation de diffusion a été renouvelée en décembre 2024 pour dix ans —à l’époque, celle de sa chaîne sœur C8, visée par davantage de sanctions, n’avait pas été reconduite. L’autorité mentionne, notamment, que la chaîne est censée « respecter la dignité humaine » et « lutter contre les discriminations ». Elle a aussi pour obligation « le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion ».
Des obligations dont elle s’écarte souvent. En juin, Le Monde recensait au moins 61 sanctions (des rappels au règlement jusqu’à la mise en demeure)…
Auteur: Amélie Quentel
