Ni historique ni exemplaire, elle figurait pourtant parmi les très rares avancées écologiques engagées sous Emmanuel Macron. Au point que le chef de l’État l’avait brandi comme un symbole de la lutte contre le dérèglement climatique sur la scène internationale. Promulguée fin 2017, la loi Hulot — qui interdit la recherche d’hydrocarbures et prévoit la fin de leur exploitation en France d’ici 2040 — est dans le viseur de plusieurs sénateurs macronistes et Les Républicains.
Une proposition de loi déposée début décembre par le sénateur (RDPI) de Guyane, Georges Patient, et soutenue par d’autres élus des territoires d’outre-mer, vise à réautoriser la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures sur ces terres. Le texte, qui cible en particulier le pétrole en Guyane et le gaz à Mayotte, sera discuté en séance publique au Sénat le 29 janvier.
En attendant, au sein du gouvernement, la proposition de loi divise. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, s’y oppose fermement face à Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer. Selon le média Politico, Monique Barbut, appuyée par le ministre de l’Économie Roland Lescure, aurait même mis sa démission dans la balance si le Premier ministre venait à soutenir la proposition. Sa posture devrait être connue dans les prochains jours.
Une demi-douzaine d’organisations — dont Greenpeace France, Mayotte Nature Environnement et le Réseau Action Climat —, ont adressé le 19 janvier une lettre ouverte au Premier ministre lui demandant de rejeter le texte.
Un contresens climatique
Réautoriser la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer constituerait un immense bond en arrière. Les constats du Giec sont sans équivoque : pour maintenir une chance de limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, aucun nouveau projet fossile ne doit voir le jour. Une telle décision reviendrait, selon les…
Auteur: Jeanne Cassard

