« Dangereux », s’est indignée Tracy Carty de Greenpeace International ; « Ubuesque », s’est étranglée Anne Bringault, la cheffe du Réseau action climat (RAC). Les réactions indignées et inquiètes se sont succédé en janvier 2023 quand les Émirats arabes unis ont annoncé le nom du président de la 28e conférence de l’ONU sur le climat, la COP28 : Sultan Al Jaber, 50 ans, est en effet ministre de l’industrie et patron de l’Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), la compagnie pétro-gazière nationale. Le parallèle a été vite fait : « C’est comme nommer le patron d’une entreprise de tabac à la tête d’un congrès sur la lutte contre le cancer », a taclé l’organisation environnementale 350.org.
Quelques mois auparavant, la décision de choisir Dubaï, ville phare de la pétromonarchie émirienne, pour accueillir le plus grand rendez-vous annuel mondial sur la lutte contre le changement climatique avait, elle aussi, été perçue comme un canular. Pour des raisons d’équité entre les pays, la COP est organisée chaque année dans une ville différente. Et seule une poignée ont la capacité d’accueillir un événement de cette ampleur : 70 000 personnes sont attendues à Dubaï.
À quelques jours du sommet qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre, ceux qui espèrent des avancées sur le plan climatique se sont résignés au fait qu’il faudra « faire avec » la présidence émirienne. Les inquiétudes liées aux risques de lobbying intensif et conflits d’intérêts sont loin d’être levées. Mais certains observateurs y voient aussi une bonne occasion. « Du fait de la nature de la présidence et de la pression montante de la société civile, la question des énergies fossiles sera enfin au centre d’une COP », se réjouit Gaïa Febvre, responsable « politique internationale » au Réseau action climat.
Concrètement, la négociation du « bilan mondial » doit se tenir, l’un des…
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Auteur: Camille Richir

