Pétrole vénézuélien : « Pour Washington, l’énergie est un outil de domination »

Le Venezuela est aujourd’hui considéré comme la « première réserve mondiale » de pétrole. Pourquoi le pays n’exploite-t-il pas pleinement cet or noir ?

Il y a en effet un paradoxe. Si l’on regarde le classement des dix premières réserves mondiales, le Venezuela arrive en tête avec environ 300 milliards de barils. Mais il s’agit d’un pétrole particulier : lourd, très visqueux, relativement soufré, donc plus complexe et plus coûteux à exploiter.

Malgré l’importance de ses réserves, le Venezuela n’est que le 21ᵉ producteur mondial. Cela s’explique par le caractère profondément chaotique du pays. L’histoire pétrolière vénézuélienne est marquée par une longue instabilité politique et institutionnelle, notamment dans ses relations avec les États-Unis : nationalisations successives, rupture des partenariats avec les compagnies américaines, puis un tournant opéré sous Hugo Chávez.

Cette instabilité chronique n’a jamais permis de créer les conditions nécessaires à des investissements durables et massifs dans le secteur pétrolier.

 

Dans quel état se trouve aujourd’hui l’industrie pétrolière vénézuélienne ?

L’industrie est dans un état de délabrement avancé. La production est tombée à moins d’un million de barils par jour, contre plus de trois millions il y a vingt ans. On assiste à une véritable déliquescence de l’appareil de production.

La compagnie nationale PDVSA est exsangue : manque de…

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Auteur: Steve Jourdin

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