Des lumières. Des sirènes. Zayd était mort. Au fond de moi, je savais que Zayd était mort. L’air tranchait comme du verre froid. Des bulles énormes gonflaient et éclataient. Chaque fois, cela me faisait l’effet d’une déflagration dans les poumons. J’avais un goût de sang et de terre dans la bouche. Tout se mit à tourner dans la voiture et un état proche du sommeil m’enveloppa. Au loin, j’entendais des bruits qui m’avaient l’air d’être des coups de feu. Mais je perdis connaissance et m’enfonçai dans un rêve.
D’un coup, la portière s’ouvrit brutalement et je sentis qu’on me traînait sur le trottoir. Secouée et rouée de coups de poing. La tête écrasée par un pied. Coup de pied dans le ventre. Des flics partout. L’un d’eux me braquait son flingue en plein visage.
« Ils sont partis par où ? » hurla-t-il. « Salope, t’as intérêt à ouvrir ta grande gueule ou je te fais sauter ta putain d’cervelle. »
Je fis un signe de la tête vers l’autre côté de l’autoroute. J’étais certaine que personne n’était parti par là. Quelques policiers s’éloignèrent en courant.
« On d’vrait l’achever », dit l’un des porcs. Mais les autres étaient trop occupés à fouiller la voiture. Ils la passaient au crible. Et ils répétaient la même question : « T’as trouvé le flingue ? »
À un moment, l’un d’eux demanda à un autre :
— On la fout dans la voiture, tu crois ?
— Nan. Qu’elle reste là à croupir dans le caniveau, c’est sa place. Vire-la juste du passage.
Je sentis qu’on me traînait par les pieds le long du trottoir. Mes poumons étaient en feu. Mon chemisier était violacé de sang. J’étais sûre que mon bras avait été arraché par une balle et qu’à l’intérieur de ma manche il ne tenait plus que par des lambeaux de chair. Je ne le sentais plus.
L’ambulance finit par arriver et ils me transportèrent à l’intérieur. Ce fut un…
Auteur: ugopalheta

