Peur, croyance et besoin d'appartenance — Rorik DUPUIS VALDER

L’homme conscient a naturellement peur. Peur de la mort, de la maladie, de l’exclusion, de la trahison, etc. Afin de juguler ces peurs, plus ou moins prégnantes, il est amené à adhérer aux diverses croyances d’usage qu’impose sa communauté, ou du moins qu’induit son environnement — familial, social, culturel. C’est ce que l’on pourrait appeler, de façon générale, le prêt-à-penser. Qu’on l’estime indispensable ou non, au fond peu importe, car les bienfaits et les méfaits n’en seront jamais réellement quantifiables — ceux-ci relevant avant tout de l’intimité.

On ne peut reprocher aux gens leurs croyances dès lors qu’ils y trouvent des réponses à leurs peurs, et qu’on en admet les fonctions protectrices pour la collectivité, notamment pour les plus vulnérables. On ne peut reprocher aux gens leurs habitudes, leurs rituels, aussi absurdes soient-ils d’un point de vue rationnel, dès lors qu’ils y trouvent des moyens de se rassurer dans le vertige de la vie, devant les injustices et incompréhensions de l’arbitraire. En revanche, qu’ils ne prétendent pas à la liberté pour autant. Car croire, c’est toujours se soumettre à un système, aussi séduisant soit-il (y compris spirituellement), aussi populaire soit-il, suivant l’éternel schéma de gestion binaire « sanction / récompense ».

C’est ainsi, par l’entretien de mythes culturels, qu’on oriente – ou qu’on manipule, selon les intentions et intérêts du pouvoir en place – le monde. L’homme n’étant plus ou moins qu’un grand enfant en attente d’autorité, de protection et de reconnaissance. Mythe de la « nation » qui permet d’envoyer les jeunes soldats au front, mythe du « juge céleste » qui permet une surveillance virtuelle des individus, etc. Aujourd’hui, les médias de masse et l’institution scolaire sont sans doute, par l’idéologie de la déshumanisation – sous le règne du profit et de la…

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Auteur: Rorik DUPUIS VALDER

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