Comment vivre séparément après soixante-dix ans de vie commune ? C’est la dure question que René Moustard, 89 ans, ancien président de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), a dû se poser lorsque sa femme a intégré une maison de retraite. De cette expérience, il tire une réflexion sur la prise en charge de la vieillesse et appelle les pouvoirs publics à, vraiment, prendre à bras-le-corps cette question de société.
J’ai 89 ans. En 2019, mon épouse Janine a réalisé une IRM du cerveau. Celle-ci a révélé un début de la maladie d’Alzheimer. À cette époque, prenant conscience des problématiques de l’âge et de la vieillesse de mon épouse et de moi-même, j’ai décidé de consacrer toute mon activité militante à l’objectif de réorganiser notre vie commune pour continuer à bien vieillir ensemble. C’est-à-dire d’être heureux de notre âge et de continuer à vivre en autonomie et dans une bonne santé relative. Avec Janine, nous sommes mariés depuis 1958. Nous avons toujours vécu ensemble, avec des métiers identiques dans l’EPS, trois enfants et, désormais, neuf petits-enfants. Le tout, avec une vie familiale unie et solidaire.
En février 2023, une aggravation de la maladie d’Alzheimer de mon épouse, âgée alors de 91 ans, est constatée. Nous décidons, en famille, de chercher une maison de retraite adaptée à notre situation. J’en ai visité six et, le 27 octobre 2023, Janine s’est installée à l’Ehpad public de la ville de Vitry-sur-Seine, à vingt minutes en voiture de notre domicile. Une nouvelle phase de vie commune débute. Moi, seul à la maison qui gère de manière autonome ma vie, avec une aide ménagère qui vient deux heures par semaine, et Janine à Vitry.
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