Peut-on comparer les jeunes diplômés déçus par leur premier emploi aux romantiques du XIXᵉ siècle ?

En 2013, l’anthropologue américain David Graeber faisait le buzz avec un article publié dans STRIKE ! Magazine où il n’hésitait pas à mettre un mot sur un véritable phénomène de société : les bullshit jobs (ou « jobs à la con »). Ce qui frappe de prime abord lorsqu’on s’intéresse à ces bullshit jobs, c’est leur contradiction essentielle avec le système dans lequel ils sont insérés.

Vides de sens pour ceux qui les occupent, ces « jobs à la con » reposent sur un double paradoxe : d’une part, les métiers inutiles semblent impensables dans un système néo-libéral qui suppose une rémunération du travail en fonction de la performance économique et, d’autre part, le capitalisme est censé reposer sur la notion de rationalité, alors même qu’il succombe bien souvent à des effets de mode pour le moins contestables (standardisation, qualité, compliance, process ou encore agilité).

Mais quel effet produit cette absurdité sur les individus, et plus particulièrement sur les jeunes diplômés qui arrivent sur le marché du travail et dont le premier poste peut les décevoir ? C’est la question que nous nous sommes posée dans un article de recherche co-écrit avec notre collègue Marion Cina à paraître prochainement dans la revue M@n@gement.

Pour mieux comprendre cet effet, nous avons tenté de dresser un parallèle avec le romantisme au XIXe siècle. Sur les décombres de l’Empire napoléonien, un « mal du siècle » se répandait à l’échelle européenne. Il en a découlé un mouvement littéraire qui résonne étrangement avec notre époque contemporaine : le romantisme. Ce courant artistique, voire spirituel, a fait de la mélancolie, du dégoût de l’époque vécue et de l’impossibilité à trouver sa place dans un monde vide de sens les leitmotivs d’une quête de grandeur.

Un parallèle…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Thomas Simon, Assistant Professor, Montpellier Business School

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com