En mars 2022, environ un mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une vidéo de Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, est diffusée sur une chaîne nationale ukrainienne. Dans cette vidéo, le président demande à son peuple de rendre les armes et de rentrer dans leurs familles. Cette vidéo a rapidement été identifiée comme un deepfake à cause de sa faible qualité et aura donc eu peu de répercussions sur les combats, mais cet exemple illustre parfaitement les dangers que peuvent poser les deepfakes.
Un deepfake est une vidéo dans laquelle le visage ou l’expression d’un individu a été volontairement modifié, afin d’altérer son identité ou ses propos. Les techniques permettant de modifier les expressions faciales ne datent pas d’hier, puisqu’il existe, par exemple, un article scientifique de 1999 utilisant des modèles 3D pour reconstruire et modifier des visages. Les deepfakes ont de nombreuses applications légitimes, par exemple dans le cinéma, la publicité et même plus récemment la compression vidéo.
Cependant, soutenus par l’essor du deep learning (une branche de l’intelligence artificielle dont le mot deepfake tire son nom), des modèles de génération de deepfakes grand public ont été développés. Ces modèles permettent à n’importe qui de créer gratuitement des deepfakes de bonne qualité et ainsi d’usurper n’importe quelle identité dans des vidéos. Aujourd’hui, les deepfakes sont notamment utilisés dans des arnaques dans lesquelles l’identité de personnes de confiance est usurpée, poussant les victimes à effectuer des virements en pensant connaître leur interlocuteur.
Si, il y a quelques années, une vidéo pouvait toujours être considérée comme authentique, ce n’est aujourd’hui plus le…
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Auteur: Nicolas Beuve, Doctorant en détection automatique de vidéo deepfake, INSA Rennes

