Un homme ou une femme politique que vous ne connaissez pas vous aborde sur un marché. Par manque de temps, vous ne prenez pas le tract qui vous est tendu et retournez à vos courses. Si vous avez l’impression d’avoir deviné à quel bord politique il ou elle appartient, vous avez utilisé un stéréotype, des croyances sur les attributs personnels d’un groupe social. Ne vous en voulez pas, c’est humain, ce n’est pas forcément déconnecté de la réalité, et tout groupe social est susceptible d’en faire l’objet, qu’il soit défini par son âge, son genre, sa profession, son origine géographique, ou même sa filière universitaire.
Les femmes et hommes politiques ne font pas exception. On a même pu montrer que les gens étaient capables de les classer à gauche ou à droite simplement en regardant leur photographie. Les résultats ont été observés aux États-Unis, en Suisse et en Allemagne. Nous serions donc capables de repérer les appartenances politiques à partir de l’apparence.
Mais que comment procédons-nous ? La question est double. D’une part, il s’agit de déterminer les indices que nous repérons et qui nous donnent une indication sur l’appartenance politique. D’autre part, il s’agit de comprendre comment nous les traitons pour parvenir à un diagnostic sur l’appartenance politique de la personne que nous avons vue. L’étude que nous avons publiée dans le Journal of Economic Behavior & Organization avec l’économiste Carmelo Licata tente de proposer des éléments de réponse.
Les stéréotypes sont-ils statistiques ?
Deux grandes familles de théories décrivent ce processus. La première suppose que les gens sont rationnels et qu’ils suivent les principes statistiques. Selon elle, les gens formeraient des croyances qui reflètent l’ensemble des caractéristiques observables des groupes considérés. Ils devraient ensuite, en moyenne, déduire correctement l’appartenance à un groupe à partir…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Pierre-Guillaume Méon, Professor of economics, Université Libre de Bruxelles (ULB)

