“Tu portes du Adidas et t’es de gauche ?!”. Le procès en incompatibilité entre les idées et les actes de consommation est un classique de la discussion politique en France. La question de comment on s’habille et ce qu’on achète est posée car après tout, “consommer, c’est voter”, non ? Pourtant, est-il vraiment possible d’avoir des comportements d’achats “éthiques” sous le capitalisme, en particulier textile, qui a augmenté considérablement le niveau d’exploitation de ses travailleurs et dont la production serait responsable de près de 8% des émissions de CO2 annuelle dans le monde ? Le marché des vêtements “éthique” n’est-il pas qu’une façon pour cette industrie polluante et maltraitante de se “greenwasher” ? Éléments de réponse.
Pourquoi nous sommes contraints d’acheter
La façon dont le capitalisme s’infiltre dans tous les aspects de nos vies est particulièrement frappante quand on s’intéresse à notre habillement. Le “plaisir d’achat” le plus répandu dans la population est sans doute celui du vêtement ou des chaussures… Même s’il ne concerne pas toutes les classes sociales, et c’est une précision préalable importante à toute analyse du “consumérisme” : 10,5% des Français, selon l’INSEE, n’ont pas les moyens de s’acheter un vêtement neuf, un chiffre en hausse depuis 10 ans. Pour autant, une majorité d’entre nous s’achètent des vêtements neufs et ce, plusieurs fois par an. La tendance qui se confirme est celle d’une consommation importante, au niveau national, de vêtements de mauvaise qualité et à prix bas. Ils sont donc rapidement obsolètes, vieillissent mal, ne supportent pas les lavages à répétition et doivent être remplacés. L’attrait pour ce type de vêtement s’explique évidemment pour son prix. En terme financier, les Français dépensent moins pour leurs vêtements depuis la crise financière de 2008 qui a mis fin aux progrès…
Auteur: Nicolas Framont

