Pour promouvoir le développement du solaire, de nombreux États ont mis en place des politiques incitatives, pour pousser notamment les particuliers à se doter de panneaux solaires. Mais ces subventions peuvent avoir des effets pervers et engendrer des situations inéquitables.
Le gouvernement français a réduit les aides financières dédiées à l’installation de panneaux solaires ainsi que le tarif de rachat de l’électricité produite, spécialement pour les particuliers. L’occasion de scruter les effets de ce type de subventions, à travers l’exemple de la Belgique, que j’ai étudiée.
En 2022, une étude de l’OCDE montrait que si la taxation du carbone est peu populaire, les politiques de soutien aux technologies « vertes » le sont beaucoup plus, tant auprès des citoyens que des politiciens.
Si ces subsides peuvent s’avérer utiles, ils doivent toutefois être conçus en anticipant la réaction des bénéficiaires, or celle-ci est parfois contre-productive. L’exemple des subventions dont jouissent les panneaux solaires et qui ont été globalement très généreuses, interpelle à cet égard : elles ont modifié le comportement des ménages, mais pas toujours dans le sens attendu.
Dans un contexte de transition énergétique, qui implique en particulier une hausse de la production décarbonée et décentralisée d’électricité, les défis sont considérables. Le développement et l’intégration dans le réseau de cette production décentralisée, par les individus et par les communautés d’énergie, requiert un cadre adéquat.
Quand les incitations découragent l’autoconsommation
Prenons le cas de la Wallonie, en Belgique. Ici, les propriétaires de panneaux solaires peuvent injecter leur production solaire excédentaire dans le réseau électrique, et la consommer gratuitement plus tard. Ce système, appelé net metering ou compensation, valorise la production solaire au prix de détail, c’est-à-dire que…
Auteur: Axel Gautier, Professeur d’économie, HEC Liège, LCII (Liège Competition and Innovation Institute), Université de Liège

