Dans nos villes comme dans nos campagnes, les haies prodiguent de nombreux bénéfices tant environnementaux que territoriaux. Ces dernières années, différents plans gouvernementaux ont enfin permis de financer leur restauration, mais la circulaire du 24 mars 2026 relative au régime unique de la haie semble les remettre en cause.
C’est une situation pour le moins paradoxale : alors que diverses aides financières tâchent depuis plusieurs années d’inciter à la plantation de haie, les autorités françaises viennent d’en faciliter grandement la destruction. Cette nouvelle donne a de quoi inquiéter alors que la France perd déjà quelques 20 000 km de haie par an et que les nombreux bénéfices écologiques de ces plantations ne sont plus à prouver.
Mais pour comprendre ce qui se joue actuellement, commençons par voir ce qu’est une haie.
Haie des villes et haie des champs
La haie est par définition une suite linéaire de végétaux initialement créée ou conservée pour limiter une parcelle ou une propriété. La plupart du temps, une haie c’est un alignement plus ou moins boisé qui comprend d’abord une strate herbacée faite de graminées, de fleurs sauvages, ensuite une strate arbustive qui comprend buissons et arbustes, comme l’aubépine ou le noisetier, et enfin une strate arborescente composée d’arbres.
Man vyi, CC BY
Cependant, certaines haies sont uniquement des ronciers taillés, comme on peut l’observer en bordure de champs en Normandie ou en Vendée, ou bien des plantations monospécifiques, par exemple le laurier-cerise ou le thuya dans les zones pavillonnaires, ou encore de vrais boisements linéaires faits de chênes ou de frênes.

Wikicommons, CC BY
Des…
Auteur: Philippe Clergeau, Professeur émérite en écologie urbaine, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

