Théoricien de la croissance par l’innovation, Philippe Aghion s’est vu remettre le 10 décembre 2025 le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, avec le Canadien Peter Howitt et l’historien américano-israélien Joel Mokyr. ll est le cinquième Français à décrocher cette distinction créée en 1969, aussi appelée « prix Nobel d’économie ».
Quels travaux ce prix Nobel d’économie récompense-t-il ?
Philippe Aghion Avec Peter Howitt, colauréat, nous avons proposé une nouvelle théorie de la croissance. À nos débuts, le modèle dominant était le modèle néoclassique de Robert Solow (prix de la Banque de Suède 1987), qui fait reposer la croissance sur l’accumulation de capital : la richesse produite est réinvestie, par exemple dans l’achat de nouvelles machines, qui à leur tour accroissent la production… Problème : on augmente beaucoup moins la production en passant de 9 à 10 machines que de 0 à 1, d’où des rendements décroissants… Il manquait un élément pour expliquer la croissance : le progrès technique.
En 1987, nous avons mis « l’innovation par la destruction créatrice », inspirée de l’économiste Joseph Schumpeter, au cœur de notre modèle. En clair, la croissance de long terme n’est possible que grâce à l’innovation dite « cumulative » : chaque innovateur bâtit sur les innovations…
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