Basta! : Avec la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran, conflit qui s’étend au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz bloqué, une possible crise pétrolière et gazière, on a l’impression qu’on découvre à nouveau que le monde entier est encore dépendant des énergies fossiles. Un peu comme en 2022, avec la guerre en Ukraine et la suspension des exportations de gaz russe…
Pierre Charbonnier, philosophe, agrégé et docteur en philosophie, est chargé de recherches au CNRS et enseignant à Sciences Po. Il est notamment l’auteur de La Fin d’un grand partage (CNRS, 2015), d’Abondance et liberté (La Découverte, 2020), et de La Coalition climat (Seuil, 2025).
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Pierre Charbonnier : On a effectivement l’impression que l’histoire se répète, même s’il y a des différences entre 2022 et 2026. C’est un deuxième choc pétrolier en quatre ans qui touche l’économie mondiale, et en particulier l’économie des pays importateurs de pétrole.
Il est évident que les énergies fossiles sont des vecteurs de chaos géopolitique et climatique, et que la sortie de cette dépendance est une urgence de première priorité. L’idée qu’il faut décarboner l’économie pour des raisons de sécurité qui sont alignées avec des raisons climatiques et sociales, on l’entend d’ailleurs à nouveau aujourd’hui, comme en 2022. C’est le discours du secrétaire d’État à l’Énergie et à la Neutralité carbone britannique Ed Miliband. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez l’a dit aussi. Après une période de backlash, 2026, c’est un peu, en raison des soubresauts géopolitiques, le retour de la légitimité réaliste de la décarbonation. Même s’il s’agit pour l’instant essentiellement de discours, car les mesures transformatrices réelles n’ont pas encore été prises.
Dans votre livre Vers l’écologie de guerre. Une histoire environnementale de la paix (La Découverte, 2024), vous…
Auteur: Rachel Knaebel

