On n’arrête plus l’hémorragie. Après le fichier des comptes bancaires (FICOBA) en janvier, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) en avril ou encore la messagerie d’Etat Tchap en juin, c’est au tour de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) – qui gère notamment la plate-forme Impots.gouv.fr – de tomber entre les mains des hackers. Au total, au moins une quinzaine de services opérés par l’État ou pour le compte de l’État ont déjà été piratés en 2026, du moins en ce qui concerne les attaques d’ampleur connues. À chaque fois, ce sont des centaines de milliers voire des millions de données souvent sensibles qui s’envolent dans la nature, à la merci des arnaques en tous genres (1,2 million de comptes concernés pour le FICOBA, près de 12 millions pour l’ANTS…)
En l’occurrence, le vol de données du fisc dont tout le monde parle en ce moment concerne 678 000 particuliers et professionnels d’après Bercy, qui a reconnu la fuite… 7 semaines après l’intrusion, qui s’est produite fin juin. Un aveu qui intervient au lendemain de la mise en vente des données par le duo de pirates ZeroBytes qui a revendiqué l’attaque. Avant d’annoncer une seconde intrusion sur le serveur professionnel des données cadastrales, puis une autre encore sur celui de l’Éducation nationale, le 17 août, et sur les données de succession de la DGFiP le jour suivant…
La réaction plus que tardive de l’État, et plus largement la vulnérabilité des administrations publiques face à ces vols de données en cascade soulèvent des interrogations à n’en plus finir. À commencer par celle-ci : l’information aurait-elle été rendue publique si l’attaque n’avait pas été revendiquée ? Et surtout, comment a-t-on bien pu en arriver là ?
Arnaques, cambriolages, enlèvements
La fuite de données du fisc marquera-t-elle l’électrochoc qu’il fallait à la…
Auteur: Sophie Kloetzli
