Montréal (Canada), reportage
En vélo d’hiver, il y a les néophytes, comme Hugo Daoust, 19 ans, qui s’est rapproché depuis la banlieue sud pour étudier à Montréal cette année et découvrir, ainsi, que les biclous n’avaient pas à être remisés au garage dès les premiers flocons. « C’est mon premier hiver à vélo. Pour l’instant, je ne suis pas tombé, je touche du bois, dit-il. Mais hier, j’ai eu peur. »
Une grande plaque de glace l’a pris par surprise, alors qu’il accélérait. « Une fois dessus, j’ai été tout droit, en serrant le guidon et en croisant les doigts… c’est passé ! » conte-t-il, soulagé, sa large moustache parsemée de stalactites.
Malgré ces petites frayeurs, ces premières semaines hivernales l’ont conquis : il pensait que sortir sur un vélo sous la neige était un sport extrême, mais a désormais changé d’avis : « On est une vraie tribu. Et on voit pas mal de familles ! »
Derrière lui souffle le moteur électrique d’un vélo-cargo, qui file, plein gaz : une mère et son fils, trois ans tout au plus, sûrement en route pour la crèche. « Mon conseil, pour ceux qui débutent : ne pas s’emballer sur les virages serrés, recommande Hugo. Si on ne se penche pas, moins de risque de déraper. »
Sloche-cassonade
Les quinquas s’y mettent aussi. Estelle Waché a commencé à sortir sa bicyclette sous les flocons à 57 ans, en 2024 : « La première année, j’ai ressenti beaucoup de plaisir. Je croyais pouvoir tout affronter ! L’hiver dernier, je n’ai eu que quelques jours difficiles, mais j’ai eu la fierté de tenir bon. »
Cependant, cette année, elle rétropédale certains jours : « C’est trop dangereux avec la glace, sur laquelle s’ajoute la sloche-cassonade. » La sloche, c’est le mot que l’on utilise au Québec pour décrire une neige qui fond, se transformant en soupe. Et la « cassonade » ? « Une neige chargée de sel, qui…
Auteur: Bastien Durand, Théo Bellemare

