Faire appel à des placebos dans des essais cliniques destinés à évaluer de nouveaux médicaments est fréquent et connu. On ignore que des placebos sont également utilisés à l’hôpital et en médecine de ville, souvent, sans que le patient en ait connaissance. Ce qui pose des questions éthiques. Et si le personnel soignant informait les malades quand ils font appel à des placebos, cela nuirait-il à leur efficacité ? C’est l’objet des investigations d’un nouveau champ de la recherche médicale.
La France serait-elle le pays où les placebos sont prescrits le plus fréquemment ? C’est ce qu’un article paru en septembre 2025 annonçait, même si ces travaux de recherche n’incluaient qu’un tout petit échantillon français. Les auteurs notent cette limite mais rapportent tout de même que la France est le pays qui rapportait la fréquence la plus élevée de recours au placebo (2,5 % des consultations de médecine générale).
En réalité, le message principal de cette étude est le fait que plus de 80 % des médecins généralistes ont déjà prescrit un traitement placebo dans l’espoir qu’il produise une réponse placebo bénéfique pour leurs patients. Concrètement, ces usages peuvent comprendre des situations courantes comme par exemple, prescrire un antibiotique (censé traiter les pathologies dues à une bactérie, ndlr) pour une infection vraisemblablement causée par un virus, ou proposer des vitamines/compléments en l’absence de carence face à une fatigue ou douleur bénigne. Ces résultats sont en accord avec les investigations précédentes sur le sujet : l’utilisation de traitements placebo est courante en clinique et se fait le plus souvent à l’insu des patients alors que son usage n’est pas sans lever d’importantes questions éthiques.
En réalité, ce débat n’est pas nouveau : depuis plus de 2 500 ans, la question de savoir s’il faut ou non informer le patient traverse la médecine, et…
Auteur: Leo Druart, Kinésithérapeute, Chercheur, Université Grenoble Alpes (UGA)

