Le Planet-score entend être à l’environnement ce que le Nutri-score est à la santé : une étiquette encourageant les achats responsables tout en incitant les producteurs et productrices à rendre leurs produits plus vertueux. Une ambition louable, au regard de l’urgence de la transition agricole et alimentaire.
Mais en pratique et contrairement au Nutri-score, cet affichage environnemental repose sur une méthodologie non transparente et présentant des biais conduisant à sous-évaluer les impacts de l’élevage extensif, en décalage avec le consensus scientifique sur le coût environnemental de la viande rouge. Des pratiques condamnées par les scientifiques que nous avons interrogé(e)s, à l’instar de Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe I du GIEC de 2015 à 2023. À la lecture de la méthodologie du Planet Score, celle-ci dénonce “une présentation biaisée de l’état des connaissances liées aux émissions de méthane, sous une forme prétendument scientifique“.
Avec Planet-score, une viande de bœuf peut ainsi se voir attribuer la note “B” ou même “A” – un non-sens au regard de son coût environnemental réel et du signal envoyé aux consommateurs et consommatrices. Décryptage.
L’affichage environnemental : un enjeu majeur de transparence pour les consommateurs
Prévue par la loi Climat et Résilience de 2021, l’idée d’un score environnemental obligatoire affiché sur les produits alimentaires est prometteuse. L’ADEME et le Ministère de la Transition écologique travaillent actuellement en ce sens en développant Ecobalyse, un calculateur du coût environnemental des produits. En parallèle, c’est une initiative privée d’affichage environnemental qui a le vent en poupe : Planet-score.
Planet-score, bientôt incontournable ?
Conçu notamment par l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologique (ITAB), l’outil Planet-score a vu le jour en 2020-2021 à la faveur d’une
Auteur: Tribune

