Au-delà de la disparition visible des espèces, une menace plus insidieuse pèse sur la biodiversité : la perte de diversité génétique, soit la variété des gènes entre individus d’une même espèce, qui est le principal facteur de leur capacité d’adaptation à leur environnement.
Un consortium scientifique international a étudié cette diversité génétique chez 919 espèces d’animaux, plantes et champignons représentant 5 271 populations, réparties dans neuf pays, dont la France. Pour chacune d’entre elles, les scientifiques ont mesuré la proportion de populations suffisamment grandes pour soutenir leur diversité génétique (comportant plus de 5 000 individus en moyenne), et donc leur survie à long terme, ainsi que la proportion de populations maintenues au sein d’une espèce.
Situation critique pour une majorité d’espèces
Les résultats, publiés dans la revue Ecology Letters début juillet, « montrent que la situation est critique pour la majorité des espèces évaluées », constate l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui a participé à l’étude. Pour 58 % d’entre elles, « les populations existantes sont trop petites et leur diversité génétique décroît, ce qui remet en cause leur survie sur le long terme ».
Seulement 19 % des espèces ont toutes leurs populations suffisamment grandes. Par ailleurs, 40 % ont perdu au moins une population sur dix depuis le début de l’ère industrielle.
En France, par exemple, deux populations du grand tétras (espèce d’oiseau sauvage protégée) se sont éteintes et seulement une sur les quatre restantes est suffisamment grande pour soutenir sa diversité génétique. Pour l’angélique des estuaires, une espèce de plante qui ne se retrouve qu’en France, seules deux sur les quatre populations existantes sont suffisamment grandes. C’est encore pire pour le desman des Pyrénées,…
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Auteur: Léa Guedj

