Guerchy, Joigny (Yonne), reportage
C’est un été qui n’en finit pas et qui nous promet un hiver sans patates. Après trois mois presque sans pluie et quatre épisodes caniculaires depuis mai, les cultures maraîchères décrochent. Dans l’Yonne comme dans l’Oise, les légumes brûlent, les plantations recommencent, les rendements s’effondrent et les producteurs tentent encore d’inventer une agriculture capable de tenir. Mais derrière les ombrières, les haies et les paillages, la fatigue s’installe.
À la Ferme en goguette, située à Guerchy, dans l’Yonne, Caroline traverse les rangées de tomates sous des serres asphyxiantes. Trois cents plants grimpent vers le faîtage, très verts encore, mais leurs bouquets sont dégarnis. Là où quatre à six tomates devraient grossir, une seule est parfois parvenue à maturité. Sous le plastique, la température flirte avec les 40 °C. Même s’il vient de pleuvoir, à peine une heure, et que la température extérieure a chuté à 20 °C, la chaleur persiste sous les serres.
Caroline et Julien n’ont pourtant pas attendu la fin juillet pour réagir. « À la première vague de chaleur », ils ont chaulé les serres et commandé des voiles d’ombrage, capables de retenir 50 % des rayons ultraviolets. Mais, au plus fort des pics, les feuilles se recroquevillent, les fleurs coulent, se détachent sans demander leur reste. Les concombres ont subi le même sort.
Mode végétatif
« Les plantes se mettent en mode végétatif, puis dès que les conditions redeviennent favorables à la germination, ça repart », explique Caroline. Le maraîcher, lui, n’a pas toujours la possibilité de se mettre en sommeil jusqu’au retour de jours meilleurs.
Pour le grand public, cette nouvelle poussée du thermomètre constitue le quatrième épisode de chaleur depuis mai. Commencée le 28 juillet, la 54ᵉ vague de chaleur recensée en France depuis 1947 aura été courte dans l’Ouest,…
Auteur: Jérômine Derigny, Laure Noualhat

