Les plus vieux habitants de l’océan reconnaissent-ils encore la mer dans laquelle ils sont nés ? Les requins du Groenland, les praires d’Islande et les baleines boréales — qui ont, pour certains, plusieurs centaines d’années — doivent sans aucun doute la trouver méconnaissable, se dit-on en lisant la neuvième édition du rapport sur l’état de l’océan du programme européen Copernicus.
Publié mardi 30 septembre, il révèle qu’aucune parcelle de ce vaste territoire salé, qui couvre plus de 70 % de la surface du globe, n’échappe aux conséquences des activités humaines. Des fosses du Pacifique aux murs de vagues du Cap Horn, des eaux chaudes de l’Équateur aux rives glacées du Groenland : ces zones sont affectées par les rouages de la triple crise planétaire que sont le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution plastique.
Plus de 70 scientifiques internationaux ont contribué à cette synthèse qui documente, en s’appuyant sur des données des deux dernières années, le déclin continu de la santé de l’océan. Premier constat : depuis le début des mesures par satellite, en 1982, sa température de surface n’a cessé d’augmenter. Au printemps 2024, elle a atteint un niveau record de 21 °C.
Toujours plus longues et intenses, les vagues de chaleur marines s’accumulent. De mai 2022 à janvier 2023, la température de la Méditerranée a par exemple dépassé les normales de 4,3 °C. Du jamais vu en quarante ans d’observations. L’Atlantique nord a lui aussi subi, en 2023, une vague de chaleur inédite. Sa température moyenne a pour la première fois excédé les 20 °C, +0,7 °C au-dessus de la normale. Cette canicule était particulièrement étendue. En octobre, elle a couvert simultanément 63 % de cette zone immense.
Des conséquences innombrables sur les écosystèmes
Le réchauffement de l’océan a d’innombrables conséquences sur les écosystèmes et les…
Auteur: Hortense Chauvin

