L’irruption des intelligences artificielles génératives remet sur la table la question de la rémunération des producteurs de contenus de toutes sortes. Si les montants en jeu n’ont rien de comparable (pour le moment), ils montrent bien l’importance de cette question.
Si l’IA générative fait miroiter des bienfaits considérables, elle peut aussi effrayer, comme toute technologie potentiellement disruptive. Dans les secteurs de la culture et de la création, elle suscite les craintes du remplacement des humains et de la perte d’authenticité des créations ou de l’atteinte au droit d’auteur. De premiers conflits émergent dans le monde entre les détenteurs d’œuvres de l’esprit et les acteurs de l’intelligence artificielle, autour du respect de la propriété intellectuelle. Cet enjeu juridique et éthique se double de l’enjeu économique de la répartition des revenus générés par l’IA.
Il n’est pas certain que le cadre spécifique du droit d’auteur, qui repose sur la représentation ou la reproduction d’une œuvre particulière soit en jeu dans ces conflits. En revanche, il est certain qu’il n’y a pas de manière simple d’évaluer l’improbable contribution d’une œuvre particulière à la création d’une œuvre générée par intelligence artificielle, alors que le droit d’auteur repose sur le principe d’une rémunération proportionnelle (aux revenus générés par l’œuvre).
Un rapport asymétrique
Ces nouvelles oppositions s’inscrivent dans la droite ligne des nombreux conflits qui se manifestent depuis des années dans les rapports entre les plates-formes et les détenteurs de contenus protégés. Les plates-formes ont pris une place considérable dans l’économie des industries culturelles : Spotify, YouTube ou TikTok dans la musique, Netflix ou Apple dans l’audiovisuel, Steam dans le jeu vidéo, Google ou Facebook dans la presse…
Elles transforment les secteurs, amènent de…
Auteur: Thomas Paris, Associate professor, HEC Paris, researcher at CNRS, HEC Paris Business School

