Republication, pour partage et archivage, de ma tribune parue Lundi 29 Septembre dans le journal Libération.
En 2016 et devant les frasques et sorties de route déjà très inquiétantes de celui qui allait pourtant devenir le premier président des Etats-Unis à se vanter « d’attraper les femmes par la chatte » (sic), des employés de Facebook adressaient à Mark Zuckerberg cette question : « Quelle est la responsabilité que Facebook peut prendre pour empêcher Donald Trump de devenir président des Etats-Unis en 2017? » Nous sommes en 2025, Trump est aujourd’hui élu pour un second mandat et après avoir fait de l’homme le plus riche du monde son allié au travers de sa plateforme la plus controversée (Elon Musk et X), il vient de confier au 2ème homme le plus riche de la planète la gestion de la part américaine de l’autre plateforme la plus controversée et la plus toxique de la planète (Larry Ellison prenant le contrôle de TikTok US). Et pourtant …
Pourtant longtemps la question des plateformes (réseaux sociaux puis médias sociaux) fut imperméable à la chose politique. Longtemps elles furent autre chose que du politique bien que dès le début la politique en fut l’un des sujets de discussion (mais parmi tant d’autres et le plus souvent anecdotiquement).
JUSTE POLITIQUES.
Puis les plateformes devinrent des objets politiques. Des objets politiques car elles agrégeaient des millions puis des dizaines de millions puis des centaines de millions de citoyennes et de citoyens et c’étaient autant de nouvelles « polis » (au sens grec de « cité »). Des objets politiques également car en leur sein y étaient débattus et éditorialisés des enjeux sociétaux importants que le politique ne pouvait ignorer, tout comme il ne pouvait ignorer l’arbitrage juridique et législatif des infractions, crimes ou délits discutés ou commis dans ces espaces troubles, jamais entièrement publics, jamais totalement privés.

