C’est le loisir créatif à la mode : depuis la pandémie de Covid-19, la céramique a un succès fou. Mais cette pratique en apparence naturelle — de la terre, de l’eau, un four — n’est pas neutre pour la santé, alertent certaines professionnelles, quand il s’agit d’apporter via l’émaillage la touche finale à sa tasse ou son vase en terre. Elles visent notamment les cafés-céramiques, ces lieux très tendance qui accueillent des groupes d’amis, comme des enterrements de vie de jeune fille et des baby-shower (fête prénatale), ou des événements d’entreprise.
Moyennant une trentaine d’euros, les clients y peignent une pièce en argile déjà précuite avec des émaux, ce revêtement mat ou brillant obtenu après cuisson d’une préparation minérale posée sur la céramique. Le tout, en consommant boissons, gâteaux, voire brunch… Un très mauvais mélange, selon Ornella, qui a travaillé plusieurs années dans ces lieux à la mode. « On présente l’activité aux clientes comme si c’était de la gouache sur céramique, explique-t-elle. Alors elles posent leur pinceau trempé d’émail près de leur cookie sans se poser de question. J’ai même vu une cliente peindre ses lèvres avec de l’émail, puis embrasser la tasse qu’elle décorait », poursuit Ornella, qui souligne que des femmes enceintes et des enfants à partir de 4 ans figurent parmi les clients.
Or, certains émaux contiennent des métaux lourds : plomb, arsenic, cadmium, aluminium, chrome, baryum, nickel, cobalt… Autant de composants qui permettent de colorer, opacifier, faire briller ou fluidifier les émaux, tous potentiellement dangereux pour la santé. Mais selon les expertes, les cafés-céramiques ne sont que la partie émergée d’un problème plus large, qui concerne toute la profession.
Vigies de la poterie
Si le secteur connaît bien le risque d’exposition à la silice — un composant de l’argile et des émaux, dont les…
Auteur: Coline Clavaud-Mégevand

