La visite du pape Léon XIV au Liban, du 30 novembre au 2 décembre, survient à un moment pénible pour le pays du Cèdre, qui se trouve plus que jamais à la croisée de chemins opposés… et ne parvient toujours pas à décider lequel prendre. Une telle situation incite à se pencher sur la célèbre formule de Jean-Paul II au sujet du « Liban-message », histoire de voir si le cap qu’elle fixe peut encore être maintenu, ou si l’utopie est devenue complète.
« Le Liban est plus qu’un pays : c’est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l’Orient comme pour l’Occident », professait le pape polonais dans sa lettre apostolique adressée « à tous les évêques de l’Église catholique sur la situation du Liban », le 7 septembre 1989.
On connaît le contexte de l’époque : la guerre civile libanaise, qui avait commencé en 1975, n’était pas encore finie et le général Michel Aoun, premier ministre de transition, avait proclamé quelques mois plus tôt une « guerre de libération » contre l’occupant syrien. Un conflit qui poussait de nombreux Libanais, surtout chrétiens, à fuir à l’étranger pour échapper aux pilonnages incessants de leurs régions par l’armée syrienne. « La disparition du Liban serait sans aucun doute l’un des grands remords du monde », ajoutait le Saint-Père, n’hésitant pas à présenter ce pays comme pouvant être un exemple de cohabitation pluraliste que le monde devrait regarder comme un « modèle ».
Une doctrine diplomatique
Sa formule revêtait plusieurs dimensions, spirituelle, politique, sociale, etc. Mais, encore aujourd’hui, c’est avant tout une doctrine diplomatique que l’État du Vatican s’impose à l’égard du Liban, du Moyen-Orient et du monde arabo-musulman. Elle repose sur le principe du pluralisme religieux et donc sur le refus de parrainer un État exclusivement chrétien à l’intérieur de cet…
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