Selon le bilan annuel de l’ONG Global Witness, publié le 16 septembre, au moins 124 personnes sont mortes en 2025 pour avoir défendu leurs terres ou l’environnement, portant à 2 375 le nombre de victimes recensées depuis 2012. Le chiffre est en baisse par rapport à 2024 (146 tués), mais l’ONG le juge, dans son communiqué, « très probablement sous-estimé ».
L’Amérique latine concentre 85 % des homicides, avec la Colombie en tête (39 morts, liés au narcotrafic) devant le Brésil (26 morts, essentiellement pour des conflits fonciers dans des États de la région amazonienne). Suivent le Honduras et les Philippines (12 chacun), avec des morts liées pour moitié à des conflits fonciers, mais aussi à l’exploitation minière (11 morts aux Philippines, au Pérou, en Inde et en République démocratique du Congo), forestière ou au narcotrafic. Les victimes sont très majoritairement des petits agriculteurs et des autochtones.
Pour la première fois depuis la mort de Rémi Fraisse en 2014 à Sivens (Tarn), un Français figure dans le décompte : l’agriculteur Pierre Alessandri, secrétaire général de la Via Campagnola, un syndicat corse affilié à la Confédération paysanne, tué de deux balles dans le dos le 17 mars 2025 sur son exploitation de Sarrola-Carcopino (Corse-du-Sud), alors qu’il militait contre les fraudes agricoles et la spéculation foncière.
Face à ces menaces, Global Witness met en avant des pistes de « protection collective », comme la garde indigène créée en 2022 par le peuple Kakataibo au Pérou, et appelle à replacer les défenseurs de la biodiversité au cœur des politiques climatiques.
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Un syndicaliste de la Confédération paysanne assassiné en Corse
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