Voir proposé un article scientifique est plutôt rare sur l’ensemble des médias libres. Pourtant, la lecture d’un article écrit par deux universitaires américains début juillet nous a apparu assez essentielle dans la prise en compte de la gravité de la situation climatique dans laquelle nous nous trouvons. Pendant que les backlashes médiatiques et prises de position anti-sciences s’enchaînent, la violence des conséquences du capitalisme entraîne une forme de nécropolitique où l’on choisit volontairement de laisser mourir une partie de la population sur l’autel de la croissance et de la « transition énergétique » qui épargne bien largement l’ensemble des systèmes productifs et leurs patrons.
À l’instar de la pandémie de Covid-19, la catégorie fantôche des « personnes vulnérables » est agitée comme un étendard rassuriste, pour continuer à aller bosser dans des conditions toujours plus dangereuses. Comme l’écrivaient les Canards masquées en 2024 dans leur article « Renverser la vulnérabilité » [1] :
« En désignant une personne ou une catégorie de personnes comme « vulnérable », on procède à une essentialisation et une individualisation des risques. Essentialisation, parce les « vulnérables » seraient à risque du fait de leur nature biologique et non de leur position dans la société. […] En somme, la vulnérabilité est une production collective : nous ne devrions pas parler de personnes vulnérables mais de personnes vulnérabilisées, car c’est la société dans son ensemble qui les expose à des risques accrus. »
La dépolitisation complète de la canicule, alors que les gens continuent de mourir dans la rue, dans les appartements surchauffés de bailleurs criminels, sur leur lieu de travail, dans les taules, dans les HP et dans l’ensemble des lieux d’enfermements vient masquer ce que Friedrich Engels appelait le « meurtre social » [2]. Comprendre, l’ensemble des morts…
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