Plus de 300 lycées bloqués : « On nous ramène des policiers, mais jamais des solutions »

« Répression, ça prend un accent quelque part ? » demande Imane en écrivant au feutre rouge sur une pancarte : « Oui à l’expression, non à la répression ». Une enseignante à ses côtés lui répond et lui glisse la recette d’un bon slogan : il faut que ce soit « court, direct, et si ça rime, c’est mieux ». Imane cherche une nouvelle idée pour une seconde pancarte. Après une minute de réflexion – et un coup d’œil à ChatGPT -, elle propose : « Nos classes débordent, nos edt(emplois du temps, ndlr) aussi ! »

Pour la première fois de sa vie, cette jeune fille entrée en seconde, lycéenne depuis à peine un mois, participe à une mobilisation. Comme ses camarades réunis sur le parvis, elle participe aux blocus de son lycée, Maryse Condé, à Sarcelles (Val d’Oise), depuis le 24 septembre. Un blocus qui a tenu tous les jours, jusqu’à ce matin, où l’heure est plutôt à la fabrique de pancartes pour faire entendre leurs revendications.

« Certains passent le bac en juin et n’ont toujours pas de prof »

Ce sont leurs conditions d’apprentissage qui sont en jeu. Pendant ses trois premières semaines de rentrée, Imane n’a pas eu de professeur de SES (sciences économiques et sociales). Il manque au moins un professeur dans plus de la moitié (53 %) des collèges et des lycées à la rentrée, selon les chiffres du syndicat enseignant Snes-FSU parus en septembre.

Les parents d’élèves de la délégation FCPE rencontrés devant le lycée Maryse Condé indiquent que le problème concerne davantage l’enseignement professionnel que la voie générale. Reste que cette problématique du manque de personnel se retrouve dans d’autres établissements. À quelques centaines de mètres de là, devant le lycée Jean-Jacques Rousseau, « beaucoup de classes n’ont pas de prof de spé’ [les matières choisies spécifiquement pour les épreuves du bac, ndlr] : ils passent le bac en juin et il n’ont toujours…

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Auteur: Maïa Courtois